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DGFiP : les données fiscales de 350 000 particuliers aux mains de pirates

DGFiP : confirmée

L'administration fiscale française a reconnu, le 14 août 2026, le vol de données de contribuables survenu pendant l'été. Le groupe de hackers ZeroBytes revendique l'attaque. La CNIL annonce un contrôle de la DGFiP.

Des données fiscales de 350 000 particuliers extraites

Selon Capital, 678 000 données supposées couvertes par le secret fiscal ont été consultées puis extraites frauduleusement des fichiers de la DGFiP au début de l'été. Parmi elles, 350 000 concernent des particuliers. Les informations visées comprennent le nom, le prénom, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source.

Sud Ouest, citant l'AFP, évoque lui « près de 700 000 personnes ». Cet écart n'est pas expliqué dans les sources : il porte à la fois sur le nombre de données et sur le nombre de personnes concernées.

L'administration assure que ces données ne permettent pas, à elles seules, de se connecter au site impots.gouv.fr ni de modifier un dossier fiscal.

Une intrusion connue dès juin, rendue publique en août

Selon Capital, les services de Bercy avaient repéré dès juin que le compte à distance d'un agent avait été compromis. Le vol n'a pas été détecté tout de suite, car aucune extraction massive n'avait été observée. La directrice générale de la DGFiP, Amélie Verdier, a expliqué que l'attaque était « passée au travers des mailles du filet de la détection simple ».

Le 12 août, l'ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) a signalé à la DGFiP un vol de données sur l'un de ses serveurs. Le 14 août, le ministère a reconnu les faits dans un communiqué.

Les syndicats ont dénoncé ce délai. Fanny de Coster, secrétaire générale de la CGT Finances publiques, s'interroge sur « de l'incompétence ou de la dissimulation ». Elle juge que les agents n'ont pas été mieux informés que les contribuables.

ZeroBytes revendique l'attaque et promet de vendre les listings

Le groupe de hackers ZeroBytes revendique l'attaque sur un forum de cybercriminalité. D'après Capital, il affirme détenir un listing de données fiscales. Ces revendications n'ont pas été vérifiées de manière indépendante dans les sources disponibles.

Les pirates annoncent que ces listings seront vendus. Le général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l'ANSSI, observe un changement de méthode : au lieu de demander une rançon, les attaquants extraient des données directement monnayables sur le marché de la revente.

Avocat spécialisé en droit du numérique, Arnaud Touati estime que le premier risque est l'hameçonnage (« phishing ») très ciblé, fondé sur des informations réelles sur la situation fiscale des victimes.

La CNIL contrôle la DGFiP, l'ANSSI doit auditer le fisc

La présidente de la CNIL, Marie-Laure Denis, a annoncé dans l'émission Cash Investigation, diffusée sur France 2, que ses équipes se rendront « dans les tout prochains jours » dans les locaux de la DGFiP. Elle a précisé que la suite serait une mise en demeure d'ici la fin de l'année ou une orientation vers une sanction. La CNIL ne peut toutefois pas infliger d'amende à l'État.

La CNIL doit aussi contrôler l'ANTS (Agence nationale des titres sécurisés), visée en avril par une attaque ayant touché les données d'environ 12 millions de personnes, selon Sud Ouest.

En août, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à l'ANSSI un « audit approfondi ». Une note des responsables de la commission des Finances du Sénat, citée par l'AFP, évoque « plusieurs fragilités structurelles » des systèmes d'information de la DGFiP.

Deux suspects arrêtés, des détails à confirmer

Le 5 septembre, franceinfo a titré sur l'arrestation de deux suspects dans cette affaire, la DGFiP parlant d'une « excellente nouvelle ». Les éléments disponibles ne permettent pas de préciser l'identité des suspects, les faits qui leur sont reprochés ni le lien exact avec le groupe ZeroBytes. Aucune source consultée ne confirme à ce stade une mise en examen.

Ce que les contribuables doivent surveiller

Les personnes concernées ne sont pas identifiées individuellement dans les sources. L'administration n'a pas précisé de calendrier de notification directe. Les contribuables doivent donc rester vigilants face aux messages qui évoquent leurs impôts, leurs revenus ou leur taux de prélèvement, car ces informations ont pu être utilisées pour personnaliser des arnaques.

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